Ne nous moquons pas de ce pauvre Peyron.

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Peyron Caillol, fils de Dominique Caillol et de Catherine Roman est sans doute né vers 1510 ou 20 à Marseille.

A la grande stupéfaction de ses parents, il était né avec des testicules, ce qui permit quand même de dire qu’il était du sexe masculin, mais sans « membre viril » … Ce pauvre enfant condamné à être considéré comme une « créature » et non un être humain, parvint quand même à se faire une vie. Mais il savait que cette existence serait celle d’un reclus. Son manque de « virilité » l’affectait tellement qu’il ne sut jamais vraiment travailler, on le disait « débile » !

Lui, savait qu’il ne vivrait jamais comme ses frères, qu’il n’aurait jamais d’épouse ni de descendance.

Son père étant décédé intestat, Peyron, fils ainé arrivant au seuil de la vieillesse, fit rédiger une étrange donation qui fit office de testament.

Donation scellée pour Jehan et Antoine CAILLOL, frères de Marseille, demeurant aux bastides des Caillol.

Au nom de Dieu soit amen l’an mil cinq cent soixante un à la nativité notre Seigneur et le vingtième jour du mois d’août, sachent tous que constitue en sa personne par devant sieurs Me Jehan Baptiste Colla, docteur en droit, juge de la cour du tribunal St Lazare, cour ordinaire du Roi, palais dudit Marseille, de noble homme Balthazar Brun, un des consuls de ladite ville, de moi notaire royal audit Marseille soussigné et devant témoins ci-après nommés, Peyron Caillol, fils légitime et naturel de feu Domergue Caillol et de honnête femme Catherine Romane survivante, mariés, dudit Marseille, demeurant aux bastides des Caillol, lequel Peyron a dit verbalement et exposé auxdits sieurs juge et consul que, comme ait été le bon plaisir de Dieu, il est venu à naître en ce monde sans aucun membre viril, par foi de quoi il a été fort débilité de sa vertu corporelle en sorte qu’il ne pût bonnement travailler. Lui, étant en vieillesse et doute considérant la faculté de sa part et portion héréditaire et à lui obvenue sur le bien de sondit feu père mort sans testament, que en sa vieillesse sondit bien et héritage ne le pourra nourrir ni alimenter et par ainsi en danger de grandes nécessités, voyant aussi que par moyen et faute de sondit membre masculin il a été incapable avoir enfants et lignée de son corps, donc, pour pourvoir en son âge tant de présent que à l’avenir, il a moyenné et traité faire donation pure et irrévocable de sesdites part et portion héréditaires de sondit feu père à Jehan et Antoine Caillol , ses frères, autres enfants et héritiers dudit feu Domergue.

En dernière ligne, renvoi « pallaix dudit marseille »

Faite le 20 aout 1561 aux Bastides des Caillol.

Ira-t-il au paradis ?  il parait que les anges n'ont pas de sexe !

selma cayol