de la terre vers la mer

20 juin 2017

V, comme Jean-Georges Villepontoux.

Ou les bienfaits de l’enseignement !

1884. Bourgnac est un petit village de Dordogne, mais bien qu’il ne compte que 407 habitants, il est pourvu d’une école primaire.

           

bourgnac

Bourgnac

Les « maîtres » sont Jean Villepontoux, instituteur public, et son épouse Hortense Gabrielle Niocel.

Mariage le 16 juillet 1883

Mariage le 16 juillet 1883

 Ils viennent a peine de se marier le 16 juillet 1883 à Périgueux, où le père de Gabrielle, Pierre-Philippe Niocel est chef de service a la Trésorerie général de la dite ville.

Pierre-Philippe a été instituteur à Piégut-Pluviers, mais, en 1879, ses idées bonapartistes l’ont obligé à quitter l’enseignement. Néanmoins, il continue à se consacrer à sa passion : la rédaction d’un ouvrage intitulé « la médecine par les plantes ».

L'herbier

 

L'herbier du Grand-père

 

Dans sa jeunesse il a déjà publié chez Larousse deux ouvrages de mathématiques destinés aux écoles rurales et aux classes d’adultes.

pierre philppe niocel

 

Pierre-Philippe Niocel

Le père de Jean Villepontoux est propriétaire agriculteur à Valeuil. Un de ses oncles avait été lui aussi un passionné de mathématiques…

Le « gène » des chiffres est déjà ancré dans l’ADN de ces deux familles…

La vie s’écoule, paisible, à Bourgnac. Le 13 avril 1884 Hortense met au monde un petit garçon, Jean-Georges, qui, ses parents ne le savent pas encore, sera la quintessence des valeurs intellectuelles, artistiques et morales de ses ancêtres directs.

naissance villepontoux 1884 bourgnac

Acte de naissance de Jean Georges

 

Le grand-père maternel de Jean-Georges vient le visiter à Bourgnac, mais l’enfant préfère de beaucoup rendre visite à ses grands parents à Perigueux, dans leur maison au pied de la Cathédrale Saint Front.

 

Cathedrale Saint-Front

Cathédrale Saint-Front

 Il aime regarder les belles pages de l’herbier de son grand père et l’écouter parler de poésie et de musique. Pierre lui enseigne aussi les mathématiques, lui montre les étoiles et lui apprend à dessiner des cartes du ciel près d’Emile, chat adoré de son grand père.

Le chat Emile

 

Le chat Emile

 

Ses parents quittent Bourgnac pour un autre poste, probablement vers Bordeaux où Jean-Georges, la tête déjà pleine de toutes les merveilles du savoir si bien enseignées par son grand-père, passionné de pédagogie et toujours avide de connaissances. Jean-Georges fait de brillantes études qu’il terminera a l’Ecole Supérieure de Commerce de Bordeaux, dont il devient lauréat en 1902 avec une bourse d’études pour les Etats-Unis, où il séjournera une année.

En 1904, à 20ans, il passe le concours de la Banque de France. Entré en fonction le 20 mai 1904, il est « rédacteur » à la Banque de France. Il fait la fierté de ses parents dont il semble qu’il soit le seul enfant.

jean georges villepontoux

 

Jean-Georges vers 1908, il a 24 ans

 

En 1908 le 17 octobre il devient sous-chef de service. En 1912 il passe chef de la comptabilité. Pendant les temps de guerre il semble qu’il soit resté en poste. Il n’a pas effectué de service militaire.

Le 25 janvier 1919, il est nommé contrôleur adjoint et, 3 mois plus tard, il passait contrôleur.

Après avoir franchi toutes ces étapes dans les différentes succursales de province (Tarbes, Bergerac, Roanne, Limoges, Nantes et Lyon), il s’installe à Paris en 1923.

-« Ses qualités professionnelles et ses vastes connaissances administratives incitent en effet le Secrétaire général a lui confier la mise a jour et la refonte des règlements généraux qui codifient les opérations de la Banque de France. Monsieur Villepontoux collabore également a la rédaction du nouveau règlement des succursales et dirige les enquêtes de la commission des Etudes. Il surveille enfin l’application des réformes dont il avait fait adopter le principe.

Attaché par la suite aux services de la Direction Générale, il se voit confier d’importantes missions dans la plupart des pays d’Europe. »-

En 1927, il épouse Marie Camille Lamothe.

Directeur en 1928, il est chef de service en 1937, Il est nommé Directeur des Services du Contrôle Général de la Banque de France, l’une des plus importantes directions de la Banque Centrale. Il assumera ces mêmes fonctions durant la Seconde Guerre Mondiale dans un contexte particulièrement difficile avant d’achever sa brillante carrière en 1947. Entretemps, en 1946 il est nommé Directeur Honoraire.

Deux décennies après son mariage avec Camille Lamothe, veuf, il se remarie avec une cousine, Rose Marie Antoinette Suzanne Levêque le 8 septembre 1949, à Piegut-Pluviers village natal de sa mère Gabrielle.

En 1950, lors du 150e anniversaire de la Banque de France, sur  proposition du ministre des finances, Jean-Georges Villepontoux reçoit la croix de chevalier de la Légion d’Honneur.

Nomination

 

Sa nomination

Il se retire ensuite dans son pays natal et consacre sa retraite périgourdine a la lecture, aux voyages et a La Société Archéologique et Historique du Périgord, dont il fut l’un des administrateurs.

Décédé a Périgueux le 22 février 1963, il repose aux cotés de ses parents et de sa seconde épouse dans le caveau familial au cimetière Saint-Georges de cette même ville.

 

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Selma Cayol

Un peu d'aide de mon mari de Wikipédia et d'images de Pinterest

 

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09 juin 2017

F comme Fortuné Cayol dit " le père Né" ..

Pittoresque personnage, célèbre en son temps ...et avec qui cousine la fratrie CAYOL ...comme quoi le gêne de la musique existe et il se transmet !!

 Pierre Louis Fortuné CAYOL (inscrit Caillol sur son acte de naissance !) est né le 21 avril 1826 à 8 heures du matin rue Saint François dans la commune d'Aubagne, où habitaient ses parents Joseph Antoine "pottier a terre" de son état et Marie Louise COSTE son épouse.

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 En juillet 1846, le jeune Fortuné épouse à Aubagne Marie Anne Clere NICOLAS a peine âgée de 15 ans ! Qui, enceinte de 4 mois devait donner la vie le 8 décembre suivant à une petite Marie Henriette, prénom de sa grand mère maternelle.

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 Très vite Fortuné donne des  signes de son talent de Tambourinaire, il écrira même nombre de pièces restées comme des classiques du genre. Il est de toutes les fêtes...et deviendra de son vivant une célébrité en Provence.

                         

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                                                                            "doyen des Tambourinaires provençaux"

 

Il meurt le 29 novembre 1902 à Aubagne, après avoir traversé tout le 19e siècle et connu tous les régimes politiques de la monarchie à la 3e république, en passant par le second empire et les horreurs de la commune de 1870...

 

 En étudiant ce personnage sympathique, je me suis aperçue qu'il y avait un fort "cousinage" entre ce Fortuné et Thierry, et par là même Viviane et Didier CAYOL.

Je vous explique comment :

 La fratrie CAYOL actuelle descend d’Ambroise CAILLOL et de Thérèse MEISSONNIER par leur fils Jacques Sébastien 

En ce qui concerne Fortuné :

 Il était le fils de Joseph Antoine CAILLOL né à Aubagne le 22 aout 1803 x le 16 septembre 1821 à Aubagne Marie Louise COSTE

 Lui-même fils de Louis CAILLOL né le 13 janvier 1776 à La Penne sur Huveaune x le 29 mai 1799 à Aubagne Rose Magdeleine BONIFAY

Ce même Louis était le fils de

Benoit CAILLOL né à La Penne sur Huveaune le 14 septembre 1744 x le 28 novembre 1769 à Aubagne Rose CAMOIN

 Benoit CAILLOL fils d'Ambroise CAILLOL et de Thérèse MEISSONNIER était le Frère de Jacques Sébastien CAILLOL dont la fratrie CAYOL actuelle descend !!!

 

Donc en conclusion, dans ce cousinage évident et prouvé, le gène de la musique est présent et vérifiable ... n'est ce pas Viviane !

 

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                                                                               Et hop ! En avant la musique ...

                                                                   Viviane Cayol "Alcaz"                         Fortuné Cayol

 

Selma Cayol

 

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08 juin 2017

G, comme glissement de terrain mortel a Saint-Chamas..

 

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 Au fond le fameux Baou et ses habitations troglodytes

 

En 1595, peu de temps après l’évènement du roi Henri IV, eut lieu dans le très catholique bourg de Saint-Chamas, un évènement terrible qui causa la mort soudaine de plusieurs personnes.

Tour la saison d’automne de cette année 1595 avait été pluvieuse, les fortes pluies avaient dévasté les abords des rivières, les crues du Rhône furent dévastatrices au point que dans la ville d’Arles, les nouveaux moulins furent emportés.

Le petit bourg de Saint-Chamas en fut aussi victime, les pluies torrentielles avaient arrachées dans leurs fondements 19 maisons  que les eaux furieuses entrainèrent vers la mer, en faisant nombre de victimes.

1595

 

Les années passèrent, seuls les anciens pouvaient s’en souvenir, Certains même pensaient que c’était une punition du Ciel pour avoir accepté un Roi protestant.

1610, remit les choses à leurs places selon certains papistes adeptes des complots célestes…

En 1651, la messe devient obligatoire et exige la participation complète des fidèles. L’église a gagné et elle règne en maitresse absolue sur le peuple. Les épidémies de peste, choléra, variole, typhus continuaient sans vergogne leurs ravages et firent en France plus d’un million de morts.

Pourtant au cours des décennies suivantes, certaines personnes avertissèrent les officiers et les consuls du danger que représentait les habitations reconstruites sur du terrain humide et meuble, Saint-Chamas étant une bourgade maritime, donc exposée aux vents et aux embruns continuellement, mais ce fut lettres mortes.

 

histoire chronologique de provence

Erreur d’impression car ce fut bien en 1651 qu’eut lieu la catastrophe -Histoire chronologique de Provence.

 

 

Le mercredi 8 avril, un fort grondement se fit entendre et dans un fracas d’enfer épouvantable, un pan du Baou s’effondra sur les maisons accolées à la « montagne » et depuis longtemps reconstruites… au même endroit !

Dieu ne peut pas les punir aussi violemment deux fois de suite.

Beaucoup de  maisons furent totalement détruites, leur chute fit 27 morts et de nombreux blessés.

Des familles entières totalement anéanties, sur les 27 morts 9 enfants en très jeune âge.

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registres de la paroisse de saint chamas 1651

 Tous les corps furent déposés à la chapelle Notre Dame de Miséricorde qui se trouve toujours intacte au sommet du Baou…

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On ne sait où furent inhumés tous ces pauvres gens victimes de la cupidité des gouvernants..

 

Lors du conseil de la ville, ils durent sans doute prononcer le dicton connu ..

« Semaine sainte pluvieuse, une année ruineuse »

 

Car ce mercredi 8 avril, était le Mercredi Saint de l’année 1651.

Que dieu vous garde !

 

Selma cayol

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06 juin 2017

E, comme eunuque malgré lui..

Ne nous moquons pas de ce pauvre Peyron.

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Peyron Caillol, fils de Dominique Caillol et de Catherine Roman est sans doute né vers 1510 ou 20 à Marseille.

A la grande stupéfaction de ses parents, il était né avec des testicules, ce qui permit quand même de dire qu’il était du sexe masculin, mais sans « membre viril » … Ce pauvre enfant condamné à être considéré comme une « créature » et non un être humain, parvint quand même à se faire une vie. Mais il savait que cette existence serait celle d’un reclus. Son manque de « virilité » l’affectait tellement qu’il ne sut jamais vraiment travailler, on le disait « débile » !

Lui, savait qu’il ne vivrait jamais comme ses frères, qu’il n’aurait jamais d’épouse ni de descendance.

Son père étant décédé intestat, Peyron, fils ainé arrivant au seuil de la vieillesse, fit rédiger une étrange donation qui fit office de testament.

Donation scellée pour Jehan et Antoine CAILLOL, frères de Marseille, demeurant aux bastides des Caillol.

Au nom de Dieu soit amen l’an mil cinq cent soixante un à la nativité notre Seigneur et le vingtième jour du mois d’août, sachent tous que constitue en sa personne par devant sieurs Me Jehan Baptiste Colla, docteur en droit, juge de la cour du tribunal St Lazare, cour ordinaire du Roi, palais dudit Marseille, de noble homme Balthazar Brun, un des consuls de ladite ville, de moi notaire royal audit Marseille soussigné et devant témoins ci-après nommés, Peyron Caillol, fils légitime et naturel de feu Domergue Caillol et de honnête femme Catherine Romane survivante, mariés, dudit Marseille, demeurant aux bastides des Caillol, lequel Peyron a dit verbalement et exposé auxdits sieurs juge et consul que, comme ait été le bon plaisir de Dieu, il est venu à naître en ce monde sans aucun membre viril, par foi de quoi il a été fort débilité de sa vertu corporelle en sorte qu’il ne pût bonnement travailler. Lui, étant en vieillesse et doute considérant la faculté de sa part et portion héréditaire et à lui obvenue sur le bien de sondit feu père mort sans testament, que en sa vieillesse sondit bien et héritage ne le pourra nourrir ni alimenter et par ainsi en danger de grandes nécessités, voyant aussi que par moyen et faute de sondit membre masculin il a été incapable avoir enfants et lignée de son corps, donc, pour pourvoir en son âge tant de présent que à l’avenir, il a moyenné et traité faire donation pure et irrévocable de sesdites part et portion héréditaires de sondit feu père à Jehan et Antoine Caillol , ses frères, autres enfants et héritiers dudit feu Domergue.

En dernière ligne, renvoi « pallaix dudit marseille »

Faite le 20 aout 1561 aux Bastides des Caillol.

Ira-t-il au paradis ?  il parait que les anges n'ont pas de sexe !

selma cayol

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04 juin 2017

D, comme dispensaires

En vous penchant sur la lecture des registres anciens, très vite, vous vous poserez la question «  mais pourquoi les gens mourraient si jeunes, et tout ces petits ? … » .

En se replongeant dans le contexte du, par exemple, 18e siècle, la mort du Roi Louis XIV fut des plus horribles, tant par la douleur que par le coté visuel. Et pourtant, les « plus grands médecins de l’époque » étaient à son chevet.

Alors, qu’en était-il des gens ordinaires ? Des « gens de peu » ?

     

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-Théophraste Renaudot, qui était protestant, avait, vers 1632 installé a Paris un « dispensaire » payant pour les plus aisés, et gratuit pour les pauvres.- mais qui fut hélas sans lendemain sans doute en raison de l’opposition des dévots catholiques alors forts hostiles aux protestants.

 

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De ces enfants qui mourraient dans les premiers jours de leur naissance, mort due pour la plupart à leur transport à l’église même au plus fort des rigoureux hivers, et cela pour être baptisés ! Pauvres petits, leur entrée dans le monde était aussitôt suivie de leur sortie pour le cimetière.

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Donc, on décédait de maladies qui, bien bénignes de nos jours étaient alors mortelles, faute de connaissances médicales et aussi d’obscurantisme et d’aveuglement religieux. Bref !

La médecine fit bon an, mal an de nombreux progrès, mais tout le monde n’en profitait pas. Les masses populaires passaient à coté de tout cela, la médecine et surtout les remèdes sont chers, trop chers pour leurs salaires de misères.

Ce fut donc pour ces gens là que furent créés les premiers dispensaires, tenus et dirigés par des congrégations religieuses  et appelés « les maisons de charité ».

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Saint Vincent de Paul

 

La Révolution passant par là, interdit aux religieuses de s’occuper des maisons de charité, des hôpitaux et des hospices. Et tout recommença.

Une fois l’euphorie révolutionnaire passée, ce fut le tour de la révolution industrielle, qui attira dans les villes des centaines, voire des milliers de gens des campagnes qui pensaient que la ville et les usines leur rendraient la vie plus facile. Bien au contraire, l’entassement dans des logements insalubres, sans air, sans hygiène, la promiscuité, l’alcoolisme, rendit la misère plus violente.

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 Désolations, maladies, épidémies de toutes sortes causant la mort de quantités de pauvres gens. Les abandons d’enfants par de pauvres femmes sans ressources firent quand même réagir quelques personnes.

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En 1874, Théophile Roussel fonda «  la société protectrice de l’enfance », également « la société générale des prisons » afin d’améliorer le régime pénitentiaire des jeunes détenus.

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 Puis, Constant Budin, pédiatre et gynécologue, créa à l’Hôpital de la charité à Paris «  la consultation des nourrissons ».

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En 1894 un certain Léon Dufour, fonde «  la goutte de lait ».

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« La Goutte de lait désigne une organisation destinée à distribuer du lait stérilisé aux mères qui ne peuvent allaiter leur enfant, à dispenser une consultation des nourrissons et à proposer une éducation maternelle en puériculture et hygiène. Elle a été créée dans la commune Française de Fécamp en 1894 » (wikipedia)

  

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La goutte de lait de Henry Jules Geoffroy

L’œuvre se répand très rapidement en France et à l’étranger.

De ces œuvres philanthropiques et d’utilité publique sortira quelques décennies plus tard la «  protection maternelle et infantile ».

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Heureux et en bonne santé.

Les plus grands hommes, sont souvent les plus humbles.

 

Selma cayol

 

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C, comme Clotilde..

 

Clotilde Mendoza – Sanchez est l’arrière grand-mère paternelle de ma fille.

Elle est née le 27 aout 1881 à Adra, en Andalousie. Dans sa famille paternelle, les garçons étaient presque tous militaires comme leur père et sans doute leur grand père.

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Le père de Clotilde, Luiz Mendoza – Perez était lui-même lieutenant des carabiniers en garnison à Grenade. Il avait épousé Joséfa Sanchez-Garcia, dont la famille était de Linarès.

Nous ne connaissons de ce couple que 3 enfants, les archives ayant été grandement malmenées lors de la guerre d’Espagne, la plupart des actes civils et religieux, sont des actes reconstitués.

Clotilde avait une sœur Gracia et un frère Francisco qui était brigadier des carabiniers. Ce frère adoré de ses parents a péri le 6 novembre 1908 à Bilbao sous plusieurs coups de feu tirés par un soldat mécontent d’une remontrance faite par son brigadier. Un nommé Agapito Zorilla qui fut condamné à être fusillé.

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Bien avant ce drame, Clotilde avait dit à ses parents qu’elle n’épouserait pas un militaire, ce qui les avait beaucoup contrariés. D’ailleurs elle avait malgré son jeune âge fait la connaissance d’un jeune homme de 13 ans son ainé et ils avaient envisagé que plus tard ils pourraient se marier. Le père ne voulant rien entendre, et la mère arguant qu’elle était trop jeune, les deux amoureux envisagèrent de passer outre les consentements et de s’enfuir ensemble.

 

Faisant fi de tout et de tous, une belle nuit de printemps de 1893, Juan Ruiz-Calvo vint à cheval enlever sa belle. Juan avait 25 ans et Clotilde 12 ans …

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Clotilde ne revit jamais ses parents, son père étant décédé en 1894 et sa mère en 1906. Ni même le reste de sa famille lors de la mort tragique de son frère Francesco en 1908

Ils allèrent jusqu’à Linarès où un grand oncle maternel de Clotilde, un vieil aristocrate ruiné mais extravagant les accueillit.

Mon ex-beau père Manuel, disait qu’il l’avait connu et que dans sa charrette à deux roues tirée par une vieille rosse, le personnage toujours vêtu d’une cape noire et d’un large chapeau faisait encore son effet.

Le couple eut 7 enfants, dont deux seulement vécurent jusqu'à l’âge adulte, Luisa Silveria Enriquita née en 1897 et Manuel de San Antonio Abad Ruiz-Mendoza né en 1906 qui épousa a Marseille en 1929 Isabel Canovas-Martinez , ils furent les grands parents de ma fille Isabelle, ainsi que ceux de Morgan et Laurent mes deux neveux.

Clotilde et Juan se marièrent certainement, mais je ne connais ni l’endroit ni la date. D’ailleurs leurs deux enfants vivants ne le savaient pas non plus.

 

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Elle avait le cœur fatigué et mourût à 40 ans et 9 mois le 21 juin 1922 à Marseille. Juan la suivit peu de temps après le 21 février 1929, 5 mois après le mariage de son fils Manolo.

Il rejoignait sa belle pour l’éternité.

 

Selma cayol

 

 

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02 juin 2017

B, comme buée et bugado

Ma grand-mère paternelle était une femme « moderne », je ne l’ai jamais vue faire la lessive à la main elle-même. A l’usine où mon grand-père travaillait il y avait une énorme laverie, dont les ouvriers pouvaient disposer à chacun leur tour, ma grand-mère en a usé et abusé !

Un peu comme celle-ci :

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Ma mère, dès qu’il y eut des « machines » en a acheté une, sinon pour les draps le blanchisseur passait chaque semaine. Sept personnes à la maison ça en fait du linge et des draps.

La seule qui ne voulait rien de « moderne » était  ma grand-mère maternelle. Avant son évacuation vers la « ville » pendant la guerre, elle habitait « au village » où elle était « lessiveuse-repasseuse », elle faisait tout elle-même.

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 Elle trempait son linge dans un grand cuvier avec de la cendre, ensuite rinçait et y mettait du « bleu » …  faisait bouillir doucement pendant des heures et des heures, ça sentait le savon bouilli, c’était tenace comme odeur, ça faisait de la buée partout… d’ailleurs on appelait ça dans le Nord « faire sa buée »,  en Provence on dit «  la bugado ».

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La « bugado » musée du terroir de Marseille Château-Gombert

Je la revois encore faire ces taches si dures, mais elle ne voulait jamais d’aide, elle brossait le linge sur une planche, elle n’a jamais voulu que ma mère lave ses draps dans sa machine, elle disait que laver tout en même temps ça n’était pas propre…

Comme elle avait un jardinet, elle faisait sécher ses draps sur l’herbe, nous étions gamins on trouvait ça un peu rigolo. Surtout il ne fallait pas toucher.

Elle repassait les chemises de son fils qui habitait avec elle avec des fers en fonte ! A l’heure du fer électrique, rendez vous compte !

 Elle amidonnait les poignets, les repassait et les mettait en forme arrondie un ruban autour pour qu’il n’y ait aucun pli !

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La repasseuse, Edgar Degas

Quand on y repense, c’était un travail harassant, mais elle était fière de ce travail.

c’est bizarre la vie quand même.

 

Selma cayol

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01 juin 2017

A la vie, a la mort ...

 

En lisant et en relevant tous ces actes qui font nos familles, avez-vous une seule fois pensé que ces femmes qui décédaient dans la fleur de leurs jeunes années et pas toujours en couches, que ces enfants qui mourraient au berceau ou en très bas âge et pas toujours de maladie ou de faiblesse, auraient pu être victimes de violences conjugales ou d'infanticides ?

 

Combien de jeunes filles violées par leur "maitre" se suicidaient car, si elles se retrouvaient enceintes la loi et les édits étaient très stricts. Certaines préféraient se pendre ou se jeter dans une rivière, car l'avortement était puni de mort !

 

Sans doute avons nous toujours cru que nos "ancêtres" étaient des" gens bien" qui vivaient en "bons pères de famille" bon fils, bon mari, bon père. C’est certainement vrai pour la plupart...

 

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Et si quelquefois on avait tort... si après une dure journée de labeur forcené, le père harassé revient au logis où une femme fatiguée, dépassée par sa nombreuse progéniture qui piaille autour d'elle réclamant la nourriture qu'elle ne peut donner, car la misère est grande, les reproches, la colère, l'ivrognerie s'en suivent et les coups pleuvent !

 

Mais il y a deux ou trois siècles, on ne s'embarrassait pas de si peu, un enfant meurt, une bouche de moins à nourrir, un autre viendra bientôt le remplacer ! De même pour les épouses, soumises a la quasi unique fonction de maintenir la descendance et produire des bras pour travailler. L'épouse disparait, le mari violent en trouvera bien une autre qu'il soumettra a ses volontés.

 

En pensant à tout cela, c'est avec un autre regard que nous lirons désormais les registres. En tout cas, moi oui !

 

selma cayol

challenge 2017 d'après un de mes anciens articles.

 

 

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14 mai 2017

X, comme Marie XERCES, le petit papillon bleu.

Périgueux 1836.

 

Monsieur Aumassip, l’officier d’état civil de la Mairie de Périgueux, aime dans ses temps de loisirs, aller a la chasse aux papillons. Bien qu’habitant en ville, Monsieur Aumassip est un homme de la campagne. Il aime la verdure, les arbres, les sous-bois et tout le petit peuple de l’herbe. C’est un brave homme.

A son bureau de la mairie, chaque jour lui apporte son lot de bonheur et de malheur. Une naissance est souvent un bonheur, mais aussi un grand malheur pour de pauvres filles ou mêmes femmes mariées déjà pourvues d’une nombreuse progéniture.

Ce matin du 28 avril 1836, il avait compté que sur les 217 actes de naissance à ce jour, 103 étaient des petits enfants, des nouveaux nés pour la plupart, abandonnés au tour de l’hospice-hôpital de Périgueux.

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Celle de ce matin, l’acte 217, une fillette âgée de 8 jours, si petite, si jolie… qu’il ne put s’empêcher de l’appeler Marie, le plus joli prénom du monde.

 

x comme xerces 1836 folio 62 acte 217

 

Sa mère avait pris soin de bien la couvrir d’une étoffe bleue à rayures blanches et de lui mettre un joli bonnet avec de la dentelle… Elle avait gardé avec elle son enfant pendant une semaine, la séparation étant difficile, mais il lui fallut prendre une décision et valait mieux pour cette petite l’abandon que la rue où elle était à la merci de toutes sortes de prédateurs … même humains.

charles marchal 1858

Charles Marchal 1858

Cette vêture rappela à Monsieur Aumassip ce petit papillon bleu qu’il avait pris dans son filet la semaine précédente, mais si joli qu’il lui avait rendu sa liberté

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Les savants botanistes appelaient ce papillon un Xercès, Monsieur Aumassip donna ce nom a la petite Marie, en espérant qu’elle pourra, et saura un jour , comme lui s’envoler de ses propres ailes, vers des contrées plus clémentes.

Monsieur Aumassip continua toute la journée à enregistrer ces pauvres petits orphelins, mais la pensée de la « petite fée bleue » avait comme égaillé sa journée.

 

Selma Cayol

Remerciements aux AD de Dordogne : 1836, feuillet 62 acte 217.

Challenge 2017 Dordogne

 

 

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07 mai 2017

Z, comme Zacharie et ses frères

Z, comme Zacharie et ses frères.

 

Michel Pomarel, Sieur de Chantegril, né à Pazayac le 28 octobre 1627, fils de Jean Pomarel,  notaire royal et de Marie Manière, est « lissensiè ez loyz ».  La juridiction de Larche étant vacante depuis quelques années, il est donc nommé –« Juge ordinaire des chastellenies de Larche, Terrasson et Nadaillac, duché de Noailles.

Commence la série des membres de cette famille qui vont occuper le siège de juge durant un siècle entier, sans interruption. Et, surtout donnera a l’Eglise un grand nombre de ses fils.

De son mariage avec Marguerite de Savel, Michel eut neuf  enfants, dont Henry, son fils ainé et successeur au titre de juge, et six filles…

Henry né en 1656 épouse le 25 juillet 1689 Guillaumette d’Amelin. Il a 33 ans, ils auront quatre enfants dont François et trois filles…

François Pomarel, devient juge à 22 ans, soit en 171. L’année suivante, le 29 mars 1713, il épouse à Gluges en Quercy Jeanne Puyjalon.

                       

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Maison Pomarel sur l’ilot central du village de Pazayac.

François, qui a 4 sœurs et 6 tantes, est inquiet lorsque son épouse se retrouve enceinte pour la première fois. Pourvu que ce ne soit pas une fille...

Le 24 septembre 1716, Jeanne met au monde un fils, Guillaume, qui, comme le veut la tradition, succèdera à son père à la charge de Juge de Larche. François est heureux, l’enfant est beau et robuste. En effet, il ne mourra qu’en 1784 après avoir fait neuf enfants à son épouse, Philippe Boudy.Le chiffre 9 doit sans doute porter chance a cette famille !

En 1719, naît Martin qui deviendra prieur de Brunac et Montignac. Après s’être rendu a la maison de réclusion de Perigueux, il meurt dans sa famille et « son âme s’envola dans le sein de Dieu » le 28 octobre 1795, veillé par sa nièce religieuse.

En 1721, arrive Jean François, religieux de l’ordre de Saint Augustin (congrégation supprimée a la révolution), et curé de Laccassagne.

François et Jeanne se disent que, si ça continue, ils ne sauront que faire de ces garçons, et que, même si leurs revenus sont très convenables, doter et « placer » leurs fils deviendrait impossible. Ils en viennent à espérer une fille ou deux, qui, bien mariées, même s’il faut les « bien doter »  leur donneraient un « retour sur investissements » … Mais, le destin souvent très contrariant, leur donna encore huit fils a la suite les uns des autres :

Après Pierre en 1722, prêtre de la congrégation de la Mission.

Arrive ensuite le 17 octobre 1724  notre fameux Zacharie

Il précède Jean en 1726, sans doute décédé en bas-âge.

François né en 1727, chanoine de Noailles, puis curé de Pazayac après la résignation du curé Delfaut.Il résigna a son tour sa cure avant la révolution, sentant le vent du boulet parvenir jusqu’à lui ! Il survécut néanmoins a ses frères.

 

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Presbytère de Pazayac, extérieur et intérieur

Jacques né en 1730, qui, n’étant pas attiré par l’habit ecclésiastique fut notaire a Peyrefumade, paroisse de saint Cernin.

Guillaume né en 1732, mourut lui aussi en bas-âge.

Un autreMartin en 1733, pensionnaire du séminaire de Sarlat, puis curé de Saint Léon, puis d’Issigeac, par la suite curé de Chavignac, sentant le vent venir se retira chez les « Demoiselles Lescot de la ville de Brive «  où il mourut en février 1797.

Mais le destin fit un petit clin d’œil à François et Jeanne et au printemps 1736, le 15 mars, une petite Toinette vit le jour. Ses parents la marièrent a Pierre Grangier, bourgeois de Montignac, avec qui elle eut un fils … la pauvre Toinette ne fit qu’un petit tour sur cette terre et malgré ses 5 frères au service de Dieu, elle rendit l’âme a l’âge de 32 ans !

Espérant renouveler l’opération «  fille « Jeanne fut de nouveau enceinte, mais hélas en 1739, elle accouchât d’un garçon, François Louis, mort en bas-âge.

A l’aube de ses 50 ans, Jeanne  décida que «  l’enfantement » était terminé pour elle.

François mourut à 81 ans en 1771 et Jeanne à 75 ans en 1772.

 

 

 

Mais remontons le temps et revenons à Zacharie …

 

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Pazayac. Au centre du bourg, tenante a l’église, la « Maison Pomarel »

Zacharie Pomarel est né le 17 octobre 1724 à Pazayac. Il est le cinquième enfant et aussi cinquième fils de François Pomarel et Jeanne Puyjalon . Baptisé le 19, il eut pour parrain  noble Zacharie Damelin, écuyer, son grand oncle, habitant Brive, et pour marraine Demoiselle Jeanne de Puyjalon, sa tante.

1724 zacharie pomarel folio 1031

 

Archives départementales de Dordogne image 1031  19 octobre 1724

En  1741, Zacharie a 17 ans . Il est au séminaire quand, lors d’une visite chez ses parents, il entend son père raconter le procès qu’il vient de présider, celui de Jeanne Mas, une pauvre jeune fille infanticide. Séduite et abandonnée par un valet de ferme qui prit la fuite et ne fut jamais retrouvé,elle accoucha dans le silence et le dénuement le plus complet d’un garçon malingre et un peu faible. Elle l’étouffa et le jeta dans un étang, près de la ferme de ses parents. Quelque temps plus tard, le corps fit surface. Arrêtée, Jeanne fut condamnée à faire amende honorable, en chemise et corde au cou devant l’église, et conduite auprès de l’exécuteur des hautes œuvres afin d’être étranglée et pendue,  le 31 mars 1741, le procès coutât 380 livres. François Pomarel en fut fort marri car, la fautive morte, le coût dut être supporté par la communauté.

 

Même la charge de juge ne rapportait pas tant que ça en «espèces  sonnantes et trébuchantes ». Certes il y avait les « honneurs », mais les honneurs ça nourrit pas son homme, fut-il curé, et voué par excellence a la charité et a la frugalité. D’ailleurs leurs parents s’étaient déjà saignés aux quatre veines  afin de les pourvoir en rentes viagères de 80 a 100 livres pour favoriser leur prêtrise et leur tenir lieu de titre clérical (un genre de dot en fait.).

Zacharie ne put en entendre davantage. Condamner ainsi de pauvres gens, courir après leurs quatre sous, non, ce n’etait pas pour lui. Il résolut donc de s’enfoncer un peu plus dans la vie ecclésiastique tout en gardant les pieds sur terre, faire un peu de bien autour de lui, tout en essayant de se faire entretenir  par ses ouailles les mieux pourvues. Oui , mais comment ?

Par un heureux destin, lors qu’il n’était que simple vicaire de Nadaillac, la place très lucrative de titulaire de la prévôté de La Dornac,  vacante depuis 39 ans,  lui fut attribuée avec les pleins pouvoirs.

Entre temps,Jean Gauthier, le curé de la Feuillade, malade et très âgé, se résigna en mars 1752 en faveur de Zacharie Pomarel, qui était venu le suppléer lors de sa maladie.  Le 8 avril, le curé Gauthier mourut. Le 17 avril 1752, Zacharie prit possession de la cure de la Feuillade, cure qu’il garda toute sa vie, ou presque...

1752 dc du curé de la feuillade et prise de pomarel

 

Acte de décès de l’abbé Gauthier et prise de « cure » par Zacharie Pomarel.

Pendant quasiment 39 ans, la prévôté resta sans  maitre. Les tenanciers des terres s’étaient quand même habitués à ne pas payer grand-chose, voire rien.

L’arrivée de Zacharie Pomarel ne fut pas accueillie avec grande joie :

« Il s’empressa de se faire faire des reconnaissances par les tenanciers de son bénéfice » c'est-à-dire que les tenanciers devaient s’engager fermement à payer au prévôt  les sommes et les prélèvements qui lui étaient dus en sa qualité même de prévôt. Il afferma ces revenus afin d’en retirer des bénéfices conséquents  sur son nom et en sa qualité de Prévôt de la Dornac et celle de curé de la Feuillade. Les bénéfices ecclésiastiques  prévalaient sur ceux des Seigneurs.

Il fit faire ces actes de reconnaissance par Maitre  Maury, notaire au bourg de La Dornac.

Ces actes furent au nombre connu de quatre :

Tènement (terres tenues d’un seigneur ou d’une prévôté ecclésiastique, en réunion de propriétés contigües)de Lordelie, de la Manivie, des territoires de la Roussille et d’autres terrains.

Lors des recensements des biens ecclésiastiques et d’un examen des «  bénéfices » de la Prévôté, afin d’établir les revenus de la dite prévôté, donc du sieur Pomarel qui, étant le seul « décimateur » général de la dite prévôté de Ladornac pouvait en profiter très largement, tous les tenanciers reconnurent tenir leurs tènements des mains de Messire Zacharie Pomarel.

En fait, il était le maitre .Il réunissait même chaque année au son de la cloche les habitants devant la porte de l’église afin d’établir l’ouverture des vendanges et ainsi prévoir la dîme prélevée sur le produit de ces vendanges.

Le 5 janvier 1790, Zacharie Pomarel déposa chez le notaire Lamaze un testament dans lequel il faisait  des dons aux pauvres et à l’église, de manière a se faire quand même un peu passer pour un bienfaiteur. Il fit un nouveau testament en 1792, mais voyant arriver les progrès révolutionnaires à grands pas et les dissolutions des paroisses, il ne se sentit plus en sécurité à La Feuillade, et prit la fuite. Avec cassette, mobilier et autres objets, il se transporta chez sa nièce, fille de son frère ainé Guillaume, juge de Larche.

Il est dit par l’abbé Brugière qu’il refusa de prêter serment en 1791, ce que nous voulons bien croire, il résigna ses fonctions avant de s’enfuir. Toujours selon l’abbé Brugière, ses anciens paroissiens le réclamèrent auprès de l’évêque constitutionnel. L’évêque accepta et Zacharie revint quelque temps dans sa cure de La Feuillade où,  le  5 septembre 1792 il rédigea son ultime acte de mariage.

la feuillade septembre 1792 dernière page sous leglise folio 751

 

 

Il fut néanmoins obligé de se rendre à la maison de réclusion de Périgueux, où la promiscuité et les mauvais traitements lui firent contracter une « mauvaise maladie » sans doute une tuberculose.

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Arrestation d’un prêtre sous la révolution.

 

 L’administration procéda à l’estimation et à la vente de tous les effets mobiliers et autres. L’adjudication dépassa de beaucoup l’estimation, et ce non compris tout ce qui fut détaillé dans les inventaires.

Zacharie trouva le moyen de s’échapper et se réfugia à la paroisse de Pazayac dans sa famille. Il se résolut à vivre plus dignement, afin de laisser un bon souvenir autour de lui et « termina sa vie, comme ses frères, avec la plus grande édification, le 13 frimaire an 4. » dixit l’abbé Brugière.

1795 an IV dc zacharie a pazayac

 

 

L’abbé Brugière était sans doute beaucoup trop « religieux » pour ne pas reconnaitre les forfaitures de Zacharie.

Dieu y pourvoira !

 

Selma Cayol

Remerciements  à Gallica, aux archives départementales de la Dordogne et de la Corrèze ainsi qu’à la mairie de Pazayac qui m’a gentiment indiqué où me procurer certaines photos.Ainsi qu'a mon époux pour ses corrections.

 Challenge AZ 2017 dordogne

 

 

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